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AdGate: la boulette de Free à l’intention de ceux qui n’ont pas tout compris

Free bloque de la publicité et certains ont le culot de s’en insurger. Sont-ils fous? Ou Free joue-t-il à l’apprenti sorcier?

Concrètement que s’est-il passé?

Les abonnés Free qui ont opté pour une connexion dégroupée disposent d’une box qui interagit d’un coté avec les serveurs de Free (et via eux, avec Internet) et de l’autre avec tous les appareils connectés (ordinateur, télévision, téléphone et plus si affinité). Cette box, comme les box des concurrents, contient un logiciel (en anglais « firmware ») qui permet entre autre de gérer les différents flux (dont internet) et d’administrer un réseau wifi, qui desservira les autres appareils de la maison.Il y a plusieurs versions de la Freebox en usage. Chacune a un firmware différent.

Une mise à jour du firmware de la freebox révolution (la plus récente) ajoute une fonctionnalité qui bloque tous les flux en provenance de serveurs de publicité listés par Free. Si je vais sur un site financé par la pub, des messages commerciaux s’affichent ici ou là dans la page. Disons qu’il s’agit de morceaux de site incrustés dans la page. Ils proviennent d’une autre adresse que celle du site que je demande à mon ordinateur d’afficher. C’est ces adresses que Free a listé. Par défaut, à l’issue de la mise à jour, ces serveurs de publicité sont bloqués. Enfin, si le blocage peut être désactivé, on ne peut pas ajouter ou supprimer des sites de la liste de Free.

Quelles conséquences?

Le premier point qui pose question est sur la liste des régies publicitaires bloquées. En effet, Free a listé les régies publicitaires les plus importantes en oubliant celle du Monde, dont un actionnaire notable est le fondateur de Free. Si ce n’est pas fait exprès, alors c’est un manque de chance extraordinaire, car évidemment on crie au favoritisme. A l’inverse, Free bloquerait aussi des contenus qui ne sont pas des pubs.

Le deuxième point qui agite l’internet Francophone c’est qu’une telle pratique risque de se généraliser et de tuer les sites gratuits financés par la publicité. Si de produit vous devenez client, c’est vous qui allez devoir payer. Personne ne fournira des contenus pour lesquels plus personne ne paye plus.

Il est peut-être un peu tôt pour en parler mais on pourrait voir un chantage se mettre en place entre régies publicitaires et fournisseurs d’accès internet (FAI), sur le mode payes-moi et je te laisse l’accès à mes utilisateurs. On a déjà vu une bataille de ce type entre YouTube et Free. Google, qui possède le site de vidéo disait en substance: mes vidéos rament chez tes utilisateurs, car le tuyau est trop petit pour faire passer autant de données. Si tu veux que ça arrête de ramer, tu va payer un plus gros tuyau, et les frais que ça m’occasionne de m’y brancher. Si Google réduisait ses tuyaux vers Free, le fournisseur d’accès pourrait avoir le choix entre arrêter de bloquer le service de pub du géant américain et perdre ses abonnés.

Free a fait les choses moins salement qu’on aurait pu le craindre, en bloquant au niveau de la box (donc chez le client) les flux que cette société estimait nuisibles. De plus le blocage peut être désactivé. Mais on sait que les concurrents de Free, et notamment Orange, sont équipés pour mettre en place des blocages de ce type au milieu du réseau, ce qui pose des problèmes technique très différents. Pour prendre une analogie, le fait de ficher les religions des étudiants en Grande Bretagne, ne pose pas de problème, car ce fichier n’est utilisé qu’a des fins statistiques. Mais si un groupe mal intentionné prenait le contrôle du pays, ce fichier permettrait d’organiser des purges, comme ce fut le cas dans les pays sous occupation Allemande (C’est d’ailleurs pour ce type d’utilisations qu’ont été développées,dans les années 40, les techniques qui devinrent les prémisses de l’informatique. De la même façon, des installations qui contrôle ce qui a le droit ou pas de transiter par le réseau, ça existe en Chine et en Iran. La France en a vendu à la Libye et à la Syrie. Et dans tous ces pays, ces installations supposées combattre les pédophiles et les terroristes servent à empêcher la libre expression. En France, on a tendance à considérer prudemment que ce type d’installation ne doit pas être mis en place, car on ne peut pas savoir qui pourrait mettre la main dessus dans 10 ans!

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Mega sont morts

Vous n’êtes pas sans avoir ouï dire que le FBI a fait fermer MegaUpload. Tout l’internet en parle. C’est évidemment l’occasion pour les cons de dire des conneries.

Dès l’acte d’accusation, on mous dit que la galaxie Mega serait responsable d’un manque à gagner de $ 500 000 000 000. C’est supposer que sans ce site, tout ce qui a été téléchargé aurait été acheté. C’est aussi ridicule que de croire que si les supermarchés ne diffusaient pas de musique, on achèterait les disques des chansons qu’ils passent pour pouvoir les écouter quand même…
Une autre réaction qui vaut le détour, c’est celle qui oublie l’essentiel des services Mega-quelque-chose et se lamente exclusivement sur la fermeture de megaporn, auquel il ne faut pas toucher car la pornographie serait « sacrée ». Si on suppose que sacré  vient de sacrum, pourquoi pas…
La troisième réaction digne de vous arracher des larmes de sang, c’est celle qui professe qu’on coupe l’accès gratuit des pauvres à la culture. En soit, c’est un point de vue mais en général cette idée est avancée dans un français tel qu’on ne peut que regretter que ceux qui l’émettent n’aient pas un peu plus de culture.

Bien sur, il y a aussi des chiffres qui laissent songeur: 4% du trafic sur internet, par exemple. Le nombre de pays qui ont agi conjointement dans le plus grand secret, également. Ou encore l’ampleur de la riposte des anonymous.

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Lettre ouverte à un lecteur obstiné

Toi, le lecteur qui t’obstines à passer par ici malgré mon silence, j’ai une nouvelle pour toi qui n’a aucun intérêt direct, mais pourrait bien en avoir un par la bande.

Mes précédents articles ont étés composés sur un outil qui sans avoir jamais été dans mes mains le « dernier cri » s’est malgré tout montré un fidèle serviteur. Il s’agissait de feu mon HTC hero.

maintenant il ressemble à ça:

Et bientôt il va partir par la poste pour servir un troisième maître.

Reboots intempestifs, écran plus tout à fait tactile partout, mémoire saturée, et j’en passe: il était temps d’agir. Alors j’ai acquis un petit bijou de technologie qui va me permettre d’écrire de nouveau dans les transports. Alors à bientôt?

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Bon, on la boucle cette année?

Sur Twitter, une fille s’attristait que RTL propose de choisir la personnalité de l’année parmi 12 personnes dont « seulement » 5 femmes.

En lisant cela, ma formation en statistiques ne fit qu’un tour. La question qu’il faut se poser est celle de la significativité de l’écart. Si on tire 12 cartes dans un paquet de 52, est il invraisemblable d’obtenir « seulement » 5 rouges ? C’est grossièrement la même chose si on tire 12 personnes au hasard parmi 7 milliards (en fait non, 7 milliards était suffisamment grand pour qu’on considère que c’est infini alors que pas 52. prenez six jeux de cartes).

Mais pour être personnalité de l’année, il est de bon ton d’avoir été médiatisé dans l’année. Et les gens qui organisent ce concours ne peuvent rien changer à la médiatisation passée des candidats à la candidature. Si faute il y a, c’est sans doute celle de toute une profession sur un an.

Mais allons un cran plus loin: si la proportion de femmes parmi les potentielles personnalités de l’année n’est pas significativement éloignée de la parité, alors toutes celles qui ont parlé cette année d’un plafond de verre qui empêche les femmes de faire de grandes choses sont des menteuses. Rien ne les empêche de faire quoi que ce soit s’il y a environ autant de femmes que d’hommes qui méritent d’être personnalité de l’année. La réciproque est vraie aussi. Si il y a plafond de verre, alors c’est un mensonge destiné à le masquer que de nominer 5 femmes parmi les 12 individus les plus importants de l’année.

Peut-être que ce tweet qui m’a interpellé s’en prenait à la bonne cible, mais je suis perplexes quand au motif invoqué… Mais peut-être suis-je toujours perplexe par rapport aux entreprises visant à résumer une année qui n’est même pas terminée!

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Hadopi 3: interdire le streaming illégal

Ou: Si tu ne sais pas de quoi tu parles, par pitié tais-toi…

J’ai grandi dans un monde magique ou il était inutile d’interdire l’illégal, puisque illégal signifiait interdit par la loi. Certes, on pouvait avoir besoin d’empêcher l’interdit, car comme toute règle, la loi n’était jamais respectée par tous. C’était la différence entre un panneau « défense d’entrer » et un mur.

Alors quand j’entends parler d’interdire les activités illégales, forcement, je me pose plein de questions.
Est-ce juste une erreur de terminologie? Du coup si je lis empêcher (ou réprimer), ai-je l’idée de mon interlocuteur?
À quoi sert une loi si elle n’est jamais appliquée? Et peut-il y avoir interdiction sans sanction des contrevenants?

Il peut y avoir réglementation sans sanction. Je pense par exemple aux consignes du CSA que certaines chaînes de TV enfreignent joyeusement. Le dit CSA prend garde de ne pas le relever car quand d’aventure il s’insurge dans un rappel à l’ordre furieux, il démontre son absence de pouvoir de sanction.

Le streaming, puisque c’est le visage que les médias cherchent à donner à la cyber-délinquance, est un autre interdit pas toujours punissable. Si un site hébergé dans un pays qui ne partage pas notre définition du droit d’auteur, diffuse sur internet une œuvre dont notre droit restreint la diffusion, il est impossible de le contraindre à s’arrêter.
L’idée de nos dirigeants est de « punir » le site indélicat en le privant de toute audience sur le territoire français. On ne l’empêchera pas de fournir le contenu qu’on ne lui reconnaît pas le droit de fournir mais on empêchera les internautes français d’en profiter. On punira du même coup les internautes qui n’auront plus accès à ce contenu.

Permettez moi une analogie. Il est interdit de tenir publiquement des propos racistes. Si tenir les mêmes propos lorsqu’on est seul dans un lieu privé, n’est pas répréhensible, c’est uniquement parce que le plus grave si on captait ces propos chez vous, ce ne serait pas votre discours, mais la surveillance dont vous feriez l’objet.
Or pour empêcher un internaute d’accéder à un contenu, il faut installer un système d’écoute sur sa ligne. Ce système va espionner ses communications et décider quelles communications l’internaute a le droit d’avoir. Pire, si le système d’écoutes juge une communication interdite, il l’empêchera tout simplement.

Techniquement, avec le P2P, celui qui télécharge distribue en même temps le fichier qu’il récupère. Les ordinateurs s’échangent des petits bouts de fichiers. D’ailleurs, ce qui est condamné, c’est les morceaux qu’on envoie, pas ceux qu’on reçoit. Or avec le streaming on n’envoie plus rien. On reçoit seulement.
Donc on va mettre tout le monde sur écoute, sauvagement, pour l’empêcher d’avoir des communications qui… attendez une seconde… mériteraient qu’on punisse justement pas celui qu’on surveille mais l’autre!

Pour toutes les infrastructures qui relient votre machine à internet, c’est le même impact: vous recevez seulement. Et évidemment, vous recevez ce qu’un site étranger envoie. Ça fait beaucoup de données qui circulent dans un seul sens, comparé avec l’échange entre des machines les plus proches possibles qu’on observait sur le P2P. Ce déséquilibre pose des problèmes techniques dans lesquels je ne vais pas rentrer ici.

Mais au fait, le streaming, c’est quoi? En fait c’est tout simplement ce vers quoi les internautes se sont tournés le plus massivement quand la HADOPI  est arrivée. Car cette merveilleuse autorité n’a pas fait stopper le téléchargement mais lui a plutôt fait changer de forme. Si on risque de se faire couper internet avec le P2P, on passe au streaming et plus de problème. Si on empêche le streaming, les internautes passeront au direct download. Ou alors ils crypteront massivement leurs échanges, y compris pour échanger des films qui n’ont rien de confidentiel.

Ces solutions ont déjà trouvé des adeptes depuis l’avènement de la HADOPI. Pour la petite histoire c’est les militaires que cela dérange le plus. Autrefois ceux qui avaient un truc à cacher cryptaient leurs échanges, les autres non. Il est devenu bien plus difficile, comme nous le signalaient récemment les américains, de repérer les pédophiles et les terroristes au milieu des films cryptés que s’échangent de plus en plus de français…

PS: Quelques liens pour les gens qui voudraient des éléments factuels pour appuyer leur réflexion sur le sujet:

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