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Gay-pride / burqa: même combat

Avertissement: Ceux de mes lecteurs qui me connaissent un peu n’auront pas manqué de reconnaître dans ce titre une formule qui m’est chère. Si la gay-pride et la burqa sont emblématiques, cette courte liste d’exemple n’est aucunement limitative. Nombre d’autres causes sont portées par des militants qui ont les mêmes travers.

La gay-pride tout d’abord se veut la manifestation de « minorités sexuelles » qui réclament le droit de faire les mêmes choses que « la majorité ». Cette majorité, loin d’être un ensemble homogène, se définit comme l’ensemble des gens qui ne peuvent prétendre faire partie d’une des minorités coalisées.

Toute l’organisation de la gay-pride vise à mettre en scène un gouffre qui sépare les « opprimés » plus ou moins « déviants » de leurs « oppresseurs » plus ou moins « normaux ». Le but atteint est à l’opposé du but annoncé: pour qui voit 30 secondes de l’évènement au journal télévisé, rien ne légitime plus des « droits différents » que l’auto-stigmatisation des « exclus » qui légitiment ainsi leur exclusion.

En un mot comme en cent ne n’est pas en dansant sur un char avec une plume dans le cul qu’on passe pour normal, et qu’on obtient d’être traité comme tel. Au contraire.

La burqa participe de la même dynamique. Elle matérialise une séparation à l’aide d’une bâche noire entre une femme et le monde. La femme qui se sépare ainsi du monde aurait mauvaise grâce à prétendre aux mêmes droits que les autres membres de la société dont elle prend garde à s’isoler.

C’est un combat perdu d’avance que de vouloir être accepté comme un des visages de la normalité quand le moyen mis en œuvre est uniquement de s’en distinguer, de s’en séparer, de ne pas se mélanger.

Dans ces deux paradigmes, il y a des similarités étonnantes:
Un groupe, qui s’estime opprimés se singularise pour montrer son existence. Il prétend viser par là à se faire accepter. Évidemment montrer qu’on n’est pas comme les autres pour être vu comme les autres, cela ne saurait fonctionner. Mais on retrouve dans les deux cas une forte composante identitaire dans la cause. Les militants de tous poils existent par leur combat. Certains n’existent que par ça. Or la victoire met un point final au combat. Alors se battre oui mais vaincre, non. Le combat dans ces conditions devient vite une mascarade qui vise à se faire des ennemis en évitant de se faire trop d’amis.

Cette dynamique anime de plus en plus de mouvements de tous poils, et les militants du dimanche qui les rejoignent s’y laissent prendre grossièrement. Méfiez vous un peu avant d’épouser une cause, ce sont des noces dont on ne divorce pas.

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