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La parole est d’argent mais le silence (contraint) est d’or

Voltaire disait en substance qu’il était prêt à clamser pour la liberté de s’exprimer des gens avec qui il n’était pas d’accord. J’aurais aimé lui demander son soutien dans l’organisation d’un colloque pour la censure, car c’est une idée qui en vaut d’autres, mais je suis né trop tard.

Mais si je prends ma plume mon smartphone, c’est à cause des étudiants de Dauphine. Je ne sais plus quel est le sage qui a dit que l’iPod avait été inventé pour distinguer les étudiants parisiens des clochards. En pratique, les étudiants se distinguent souvent aussi par un militantisme particulièrement stupide.

Entendons nous bien: je n’ai aucune sympathie pour Marine le Pen, ni pour ses idées. Je la trouve même franchement puante. Du reste, son discours et celui de ses militants sont souvent indéfendables et heureusement pas trop audibles.

Alors, je suis atterré quand je lis que des militants de gauche empêchent une réunion avec Marine le Pen à Dauphine. Vous avez raison, les gens. Comme ça vous faites d’une pierre deux coups: elle ne dira rien de désagréable et en plus elle peut se poser en martyre. Il était difficile de lui rendre plus grand service. Bravo.

En fait, si j’avais ma carte au FN, je me déguiserais même en « militant de gauche » pour manifester une hostilité de principe au Front National. Oh je ne doute pas un instant que la gauche soit assez bête pour le faire d’elle même. Mais j’aimerais quand même bien savoir qui a initié ce but contre son camp. C’est du même niveau stratégiquement que les écarts de langage des jeunes populistes populaires.

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La manche bleue marine

« Au commencement était le verbe » ou du moins, la bonne vieille cloche traditionnelle, aussi verbeuse qu’avinée. celui ci tente usuellement de convaincre, par son boniment, un public blasé de lui jeter quelques piécettes pour un peu de bonne conscience. Son répertoire va selon son niveau d’alcoolémie de « hey, camarade, t’as pas cent balles? » à « bonjour, j’ai perdu mon emploi, mon logement, ma femme, et même mon amour propre. Je ne vais pas vous demander de l’amour mais juste de quoi rester propre… »

C’est important, les mendiants. C’était sans doute la retraite des pionnières du plus vieux métier du monde et ce métier durera autant que l’humanité.ça permet principalement de faire peur aux gens pour qu’ils s’efforcent de ne pas « tomber si bas ». Et ça permet à ceux qui ont le courage de se recentrer sur l’essentiel de consacrer à la philosophie le temps qu’ils auraient pu perdre à bosser.

La mendicité n’a pas échappé à la mondialisation. Quoi de plus rationnel que d’importer dans les pays riches, ou on a de l’argent à en revendre, les mendiants des pays pauvres, ou l’on n’a rien à leur donner. Des réseaux se sont donc créés dans ce but. C’est ainsi qu’on peut maintenant acheter, dans le RER, un marque-page qui porte, d’un coté en français et de l’autre en anglais, un texte expliquant que le vendeur à des enfants mais pas de travail, et que votre aide vous vaudra une intention dans les prières de la famille. C’est d’autant plus cocasse quand le vendeur parait avoir moins de douze ans.

C’est quand même un peu chiant ces mendiants. D’autant que le secteur est fortement concurrentiel. S’en suit un effort permanent de différenciation, qui vous vaut parfois de vous voir proposé de l’activité intellectuelle low-cost, mais qui vous vaut aussi d’autre fois d’avoir les oreilles détruites par le croisement entre les sanglots d’un violon et un vieux midi pourri.

La réponse diversifiée à la mendicité d’origine non contrôlée, c’est la mendicité de souche, qui brandit bien haut le livret de famille et la carte nationale d’identité. Donnez, c’est entre bon français, presque en famille. Marine Le Pen se porte-t-elle donc si mal qu’elle doivent envoyer ses militants faire la manche, ou bien recrute-t-elle ses sympathisants parmi les mendiants qui sont plus menacés que les plombiers par les polonais?

Bizarrement l’anecdote ne me rend sympathiques ni les mendiants ni les militants.

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