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Les conversations stériles se reproduisent

D’aucuns se souviennent peut-être d’une polémique absurde que j’avais pointé du doigt dans les débuts de ce blog.
Les déplacements en avion de François Fillon étaient critiqués par des gens qui se focalisaient sur le coût du dispositif, en éludant soigneusement le point de vue sécuritaire qui justifie pleinement la mesure. Dès le soir de son élection, c’est François Hollande qui a été visé par des critiques similaires.

Il aurait pu laisser les ânes braire, mais non: il lui faut être « normal ». Et il prend donc le train.
Alors au risque de me répéter, dans l’éventualité ou quelqu’un voudrait s’en prendre à la France, le président est une cible de choix. Je ne pense pas nécessairement à des intégristes « musulmans d’apparence » mais plutôt à des séparatistes corses ou des guignols avec une swastika tatouée sur la fesse. Foutez le président dans un train, vous exposez le train. Il serait peut-être judicieux qu’on explique à Hollande que même ses adversaires ne veulent par qu’il soit au prochain attentat une « victime normale ».

Comme si on était pas assez emmerdés avec les alzheimer qui oublient leurs courses dans châtelet, et les gens qui perdent une valise de linge sale à montparnasse…

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Fillon plane-t-il complètement ?

Il n’est pas dans mes habitudes de prendre la plume pour défendre le gouvernement car il se trouve que je suis rarement complètement d’accord avec lui.  Mais ceux qui cherchent la polémique à tout prix parce que ça fait vendre finissent toujours par pondre d’énormes conneries (ici et par exemple).

Le gouvernement de la France d’une manière générale (et celui ci d’une manière particulière) ne peut (voir ne sait) pas fonctionner sans se créer d’ennemis.  De temps en temps un de ceux-ci décide de passer à l’action musclée pour faire valoir son point de vue.  C’est regrettable mais logique.  On a entendu parler de certains cas.  Vous souvenez-vous par exemple de Maxime Brunerie?  La France et son gouvernement n’ayant rien à gagner à habituer les gens à penser qu’on peut attenter à la vie de nos dirigeants (ce qui pourrait favoriser les tentatives de passage à l’acte), il est possible que toute tentative du genre qui échoue et ne se déroule pas en public soit soigneusement étouffée.  Impossible donc de savoir si ce type d’attentat est plus fréquent qu’on ne le crois.  Il est certain par contre que s’ils étaient plus accessibles, nos dirigeants seraient plus attaqués.  Un ministre dans le métro, ça me ferait bien plus peur qu’un « colis suspect ».  Si on voulait déplacer nos ministres en train, cela poserait deux problèmes majeurs.

Le premier problème est qu’il est virtuellement impossible de dérouter un train sur un itinéraire secondaire.  Il passe là où passent les rails et s’il y a de loin en loin des aiguillages, la plus part du temps le train est sur un tronçon dont il ne peut s’échapper.  Ce motif suffit à mon avis à interdire les trains aux membres du gouvernement (et accessoirement à la plus part des personnes occupant des postes où ils peuvent cristalliser certains ressentiments).  La route ou les airs sont des voies qui ont moins ce type de problèmes.  Dans le cas d’un barrage hostile, il est plus facile de les dérouter.

Le second problème est celui de l’occupation de l’espace public.  Puisque ces gens sont des cibles vivantes, on en tient écarté le public.  François Fillon, puisque ses déplacements sont sujets à polémique, a choisi d’être premier ministre.  Il savait que cela allait lui créer des ennemis, dont certains pourraient essayer de le tuer.  Il a choisi d’en courir le risque (sous escorte policière, ne serait-ce que pour tenter de dissuader les activistes éventuels), tant pis pour lui.  Mais qui a choisi d’être le type qui est là par hasard et qui se prend une balle perdue?  Par construction personne.  On écarte donc le public pour exposer la cible le moins de temps possible et pour qu’il ne soit pas la victime collatérale d’un attentat raté.  Si donc on frettait un train spécial (en passant outre le fait qu’avec ses horaires fixes, et son itinéraire quasi immuable,  le train est une cible parfaite) il faudrait décaler, pour laisser passer le train ministériel, tous les trains de tout un tas de gens qui veulent juste rentrer chez eux.  Admettons même qu’on le fasse.  Je ne donne pas un mois à des militants dont personne n’a encore jamais entendu parler pour décider de bloquer tout un weekend la ligne Paris-Nantes. On ne saura jamais avec certitude si Monsieur Fillon aurait souhaité prendre le train ce weekend là, par contre on doit déjà pouvoir calculer la quantité de voyageurs de la ligne qui se retrouveraient bloqués.  Dans une moindre mesure, la voiture pose le même problème puisqu’elle emprunte des routes ouvertes.

Alors n’en déplaise à Yvan Stefanovitch et France Soir, et à tous ceux qui se veulent à la sécurité ce que Moïse est à la mer: l’avion du premier ministre ça coûte peut-être en un weekend ce que j’ai gagné la première année où j’ai bossé, mais dans le coût de fonctionnement de l’état, du gouvernement, ou même de Matignon, c’est finalement peu de chose. Et s’il y a des économies à faire, j’aimerais autant qu’on ne choisisse pas celles qui pourraient virtuellement me mettre en danger.

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