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Nicolas égale (et depasse ?) François…

J’avais des velléités de répondre à la « Lettre aux français » de monsieur le plus-petit-diviseur-commun mais le temps m’a manqué et le premier tour passé, mon texte inachevé perd déjà son sens. En un sens c’est un bien car au lieu de commenter un texte qui, tout abject qu’il soit, constitue un magistral morceau de communication, je vais commenter le magnifique fail de com’ qu’entérinent les résultats du scrutin de dimanche.

Le François du titre, n’est pas le candide candidat du PS mais un de ses illustres prédécesseurs, crapule au point qu’il aurait pu faire peur à un corse, dissolu à faire rougir les DSK : feu François Mitterand.

En effet, comme chacun sait, c’est grâce à lui que le Front National a  pris pied dans l’Assemblée (Nationale également). Pour atténuer une défaite programmée lors des législatives de 1986, il introduisit la proportionnelle dans l’élection des députés. Selon ses calculs, cela était opportun sur le moment pour le PS, puisque cela affaiblirait la future majorité, mais ce le fut aussi pour le FN qui, sans obtenir assez de voix pour gagner une circonscription, obtint toutefois assez de voix pour se voir attribuer des sièges. C’est ainsi que ce parti entra dans la cour des grands grâce au manœuvres électorales de Tonton. Dès cet instant Jean-Marie devint un trouble-fête qu’on ne pouvait ignorer. Le FN fut alors ostracisé par le parti de droite le plus puissant à l’époque: le RPR, ancêtre de l’UMP.

Cette attitude perdura jusqu’à l’arrivée du petit Nicolas. Pour gagner les présidentielles de 2002 en mettant en avant son bilan de ministre de l’intérieur, il centra la campagne sur les thèmes sécuritaires qu’affectionne le FN. Le pari était risqué car cela donnait aux discours de Le Pen père un surcroît de légitimité, tout en fragilisant l’adhésion du centre droit à l’ex Union pour la Majorité Présidentielle. Cette droitisation de la droite a laissé de la place au centre pour la création du MoDem. Mais elle a aussi légitimité les thèmes fondamentaux de l’extrême droite. C’est ainsi que débarrassé du sulfureux Jean-Marie, le FN a pu sortir du rôle protestataire dans lequel il était enfermé. Les petits gars de la Marine en ont profité dimanche. Ils comptent bien le prouver par le chiffre des votes blancs ou nuls du 6 mai. Mais c’est sur les législatives qui s’annoncent que l’UMP, pour qui ça sent le sapin, boira la lie de la coupe qu’ils nous ont servi…

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« Sur internet, il n’y a pas que des cons, mais tous les cons y sont »

Fichtre, j’ai pris une claque comme rarement. Depuis ce matin, je vois tourner autour de moi et dans les différents groupes de gens à qui je suis connecté, une vidéo sur un « pacte 2012 pour la justice. » Soit. Je suis loin de trouver le système français parfait.

Ce qui me dérange c’est la forme d’abord. Un homme fortement affecté nous raconte l’assassinat de son fils. Il peine parfois à contenir ses sanglots. Et il parle de changer les institutions. Et comme il est si triste, il a forcément tout autant raison. Désolé de vous le dire, mais ce monsieur n’a pas le recul nécessaire pour repenser globalement une institution. le désespoir d’un type qui a vu son fils mourir c’est un argument pour chialer, pas pour réformer. En fait je crois que rien ne serait plus dangereux que de pondre des lois dans cet état d’esprit. C’est une des choses qui m’ont le plus dérangé dans le mandat présidentiel en cours.

Ensuite j’ai un problème avec le fond. Au départ tout commence sur une vision de la justice que je partage: elle est faite pour protéger la société. Puis par un drôle de glissement sémantique, on en vient à déplorer que des coupables ou des suspects soient en liberté. La privation de liberté est une chose suffisamment grave pour que je préfère voir tous les coupables en liberté qu’un seul innocent en prison. C’est sur ce type de principes qu’on a construit nos sociétés occidentales contemporaines. C’est cette sorte de principes qu’ils faut avoir en tête quand on a pour ambition de repenser les institutions. En pratique, on peut transiger avec ces principes, pour plein de raison, mais pas s’asseoir dessus. Quand on en est rendu à dire qu’il faut changer la justice à cause d’un cas ou elle a merdé dans les grandes largeurs, on est vautré dessus, exactement à l’opposé de l’état d’esprit qu’il faudrait.

Enfin je ne pense pas que l’outil législatif soit là pour apaiser les états d’âme d’un homme dont le métier fut le prétexte du meurtre de son fils. Je conçois bien que, sans même parler de vengeance, n’ayant pas vu la justice lui désigner un autre coupable, il soit détruit par un fallacieux remord. Mais si déplorable que soit l’anecdote qu’il a subit, Outreau n’est pas si vieux que nous l’ayons déjà oublié…

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